Galerie,Vie du Labex

Réseaux de recherche et territoires : comment faire la différence pour un avenir durable ?

© Leïla Shahshahani
Atelier de travail lors du séminaire de Sion co-organisé par le Cirm et le Labex ITTEM (octobre 2021)

Le séminaire international co-organisé par le Cirm et le Labex ITTEM les 21 et 22 octobre 2021 sur le campus de Sion (Suisse) a rassemblé une communauté de cinquante scientifiques aux visions et parcours différents, issus d’une vingtaine d’institutions internationales. Ensemble, ils ont cherché à comprendre l’apport des recherches inter et transdisciplinaires sur la question de la durabilité des régions de montagne.

Les objectifs du séminaire étaient les suivants :

  • Partager les concepts, les obstacles, les réussites, les défis, les bonnes pratiques et les expériences de recherche inter et transdisciplinaire sur les territoires de montagnes
  • Initier une démarche d’évaluation de l’impact de cette recherche sur la transformation/transition des régions de montagne
  • Concevoir des actions concrètes que cette communauté pourrait mener à l’avenir.

Des difficultés identifiées

Parmi les obstacles à surmonter dans la perspective d’un travail collaboratif, les participants ont souligné l’importance d’entretenir dans le temps le lien avec les acteurs territoriaux et de rester éveillés sur leur engagement sociétal, tout en développant leurs compétences en matière de communication scientifique auprès de publics variés.

Les recherches à long terme financées de manière pérennes contribueraient aussi à renforcer l’engagement des chercheurs, tout comme le fait d’être impliqués dans les instances de gouvernance au niveau local et international, afin de faire valoir l’urgence à agir et pouvoir peser sur les décisions.

Les chercheurs ont abordé la notion d' »intelligence collective », et la question cruciale de la coproduction de données et de connaissances entre scientifiques et parties prenantes et la valorisation des résultats, rendues difficiles par les contraintes propres aux travaux scientifiques (publications) et le manque de temps du côté des acteurs. Outre les articles scientifiques, d’autres supports de communication à fort potentiel pédagogique doivent être envisagés, comme des manuels ou des vidéos.

Quel rôle pour le chercheur ?

La question du rôle du chercheur dans le contexte des projets transdisciplinaires, auprès d’autres catégories professionnelles, a aussi été posée. Le scientifique doit aujourd’hui sortir de sa posture de « savant » et mettre ses connaissances sur un pied d’égalité avec celles de ses partenaires. Il doit aussi apprendre à se positionner en tant que professionnel de la recherche et non en tant qu’expert de sa discipline comme il le fait dans le milieu universitaire.

Cette question est au cœur des problématiques rencontrées par les jeunes chercheurs, qui peinent à faire carrière dans un contexte universitaire devenu trop sélectif, et qui sont les plus à même de définir cette nouvelle identité professionnelle en sortant des « sentiers » académiques. Par exemple en créant des coopératives, des associations ou collectifs capables de faire émerger de nouveaux contrats professionnels pour la recherche.

Partager les bonnes pratiques

Le besoin d’explorer de nouvelles façons de travailler – du montage de projets à la vulgarisation scientifique en passant par la conception d’expérimentations transformatives à grande échelle – et de partager les exemples de bonnes pratiques, s’impose aujourd’hui.

Les différents canaux de communication doivent être mis à profit pour montrer et diffuser les impacts positifs de la recherche sur les territoires, et stimuler l’engagement des chercheurs et bailleurs de fonds.

Des stratégies de communication efficaces – webinaires, réunions, évènements publics – pourront aussi contribuer à renforcer les liens avec les habitants, pratiquants et acteurs des territoires de montagne, grâce au partage des méthodes et résultats des travaux de recherche et au développement d’une réflexion collaborative.

Les questions soulevées lors de cet atelier à Sion viendront sans aucun doute alimenter les réflexions à venir lors de prochains évènements, comme les cinquante ans de la Conférence de Stockholm sur l’environnement ou la Conférence internationale sur la montagne d’Innsbruck.

Voir aussi les comptes-rendus du Cirm et de la Mountain Research Initiative.