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L’interdisciplinarité au cœur de la recherche

© Leïla Shahshahani

Comment mieux faire dialoguer sciences de la vie et de la terre, et sciences humaines et sociales, pour appréhender plus globalement les défis contemporains ? C’était l’enjeu des 2èmes Rencontres interdisciplinaires organisées à la MSH-Alpes le 20 octobre dernier, à l’initiative de la Zone Atelier Alpes (ZAA) et du Labex ITTEM.

Après les mots d’introduction des responsables de chacune des structures organisatrices de l’évènement, Mathilde Ratouis de la ZAA a présenté les résultats d’une enquête conduite conjointement avec le Labex sur l’état des collaborations interdisciplinaires entre leurs chercheurs respectifs, réalisée sur la base de 19 entretiens.

La place des SHS à l’échelle européenne

La parole était ensuite à Guillaume Corradino, directeur général d’Euromontana et invité (en visio-conférence) de cette journée. Il a évoqué la place de l’interdisciplinarité dans les projets européens et l’importance, mais aussi la difficulté d’y intégrer davantage les Sciences humaines et sociales (SHS), et les pistes possibles pour leur meilleure prise en compte.

Lors des échanges avec la salle, il a également soulevé le besoin d’une meilleure coordination entre les différents réseaux existant à l’échelle européenne. Un point de vue relayé par Raffaella Balzarini du Labex ITTEM, notamment sur l’importance d’une compréhension accrue des périmètres d’action des différentes structures.

Jerôme Poulenard, co-directeur de la ZAA, confirmant le déficit des SHS dans les projets européens, a pour sa part mentionné la nécessité de renforcer les effectifs de chercheurs dans ce champ disciplinaire à l’échelle de l’Europe. « C’est en effet un message que nous devons faire passer », a conclu Guillaume Corradino,  rappelant que les investissements étaient souvent dirigés vers des disciplines jugées plus productives que les SHS.

L’interdisciplinarité en pratique

Comment les recherches interdisciplinaires se déroulent-elles ? Des réponses concrètes ont pu être apportées grâce aux interventions en binômes de chercheurs impliqués dans ce type de recherche : thèse en miroir sur la thématique du partage des espaces, étude auprès des acteurs des territoires sur l’avenir d’une station, collaboration d’experts sur des données statistiques du climat ou encore recherche appliquée aux pratiques de l’alpinisme.

Des ateliers sur le suivi de la jeune recherche – l’avant, le pendant et l’après d’une thèse ou d’un post-doctorat – ont été organisés l’après-midi à partir de la question du changement climatique et des territoires de montagne. Leurs restitutions par Philippe Bourdeau (Pacte) et Isabelle Arpin (Lessem) ont permis de conclure la journée, en rappelant notamment les enjeux institutionnels posés par l’interdisciplinarité et le besoin d’identification de thématiques précises.

C’est aussi autour de discussions plus informelles ponctuant cette journée, comme le Café des projets, que les chercheurs ont pu échanger et faire émerger de nouvelles pistes de projets interdisciplinaires.

Lire aussi l’article paru sur le site de la Zone Atelier Alpes

© Mikaël Chambru et Leïla Shahshahani