Vie du Labex

Chercheurs en devenir : prendre de la hauteur en altitude

@Leïla Shahshahani
Pose de fin pour les participants de la 1ère Mountain Research School de printemps, réunissant des étudiants de Master et des doctorants au Jardin du Lautaret (2100 m).

Ils et elles étaient onze étudiants et étudiantes de niveau Master à doctorat à participer à la première Mountain Research School de printemps, organisée du 21 au 24 avril 2026 dans le massif des Écrins par les Labex OSUG et ITTEM et en partenariat avec la Graduate school de l’Université Grenoble Alpes.

Issus des Universités Grenoble Alpes et Savoie Mont Blanc, ils ont passé une semaine au Jardin du Lautaret (2100 m.), hors les murs des salles de cours ou des laboratoires, à vivre la recherche sur le terrain, à rencontrer des acteurs des territoires pour appréhender concrètement les problématiques locales, à échanger avec des chercheurs et enseignants chercheurs experts de différentes disciplines.

La thématique retenue cette année – neige et glace en montagne en contexte de changement global – a conduit les participants à rencontrer Éric Lecomte, technicien de l’usine à Serre-Chevalier, et Gaétan Heymes, prévisionniste chez Météo France à Briançon. Au programme aussi, la visite du site expérimental d’étude des avalanches du Col du Lautaret en compagnie d’Hervé Bellot (Inrae) et Emmanuel Thibert (Institut des géosciences de l’environnement).

Plusieurs interventions ont aussi apporté des éclairages variés aux participants de la Mountain Research School : sur les aspects physiques de la neige avec les regards de Pascal Hagenmuller (Centre d’étude de la neige) et Florence Naaim (Osug) ; sur les résultats de recherche liés au projet Climsnow avec l’économiste Hugues François (Lessem), au projet Transtat avec la sociologue Véronique Reynier (Pacte) et aux travaux du biologiste Eric Maréchal sur les algues rouges.

Pour clôturer la semaine, un exercice original a été proposé aux participants : se mettre dans la peau d’un évaluateur ou d’une évaluatrice pour porter un regard critique sur un projet de recherche soumis dans le cadre d’un appel à projet. Une fois dépassée l’appréhension, les différents groupes ont su endosser ce rôle fictif et proposer des retours aiguisés, avec le recul qu’offre le regard neuf de jeunes chercheurs ou de chercheurs en devenir. La place des Sciences humaines et sociales dans le champ scientifique a été amplement discutée.

L’exercice a aussi ouvert la porte à une discussion plus large sur les enjeux du monde de la recherche, et à de nombreuses questions éthiques et méthodologiques formulées par les participants :

  • Comment vraiment faire vivre l’interdisciplinarité au-delà de certains effets d’affichage, et réellement sortir des logiques de silos disciplinaires ?
  • Où faut-il publier quand on fait de la recherche interdisciplinaire ? Les chercheurs doivent-ils publier dans des revues payantes ?
  • Quelle posture aborder vis-à-vis des projets impliquant des déplacements aériens à l’étranger en termes de bilan carbone ?
  • Comment se positionner dans un contexte de recherche largement guidé par un système d’Appels à projet ?
  • Comment concilier passion pour la recherche et lourdeur des démarches administratives pour trouver des financements ?
  • Comment donner un sens au métier de chercheur, et suis-je fait pour la recherche ?

Comme toujours, le terrain et les échanges informels se sont avérés riches d’enseignements, offrant de nombreuses pistes de réflexion, pour les participants de cette nouvelle MRS de printemps, comme pour les organisateurs.