Vie des projets

Des pochoirs, l’air de rien

© Leïla Shahshahani
Inauguration de l'exposition "Strates, pochoirs atmosphériques", le 8 janvier 2026 à la Bibliothèque Joseph Fourier, Université Grenoble Alpes

Quel rapport les habitants du bassin grenoblois entretiennent-ils avec l’air qu’ils respirent ? C’est en substance ce qu’a voulu interroger le collectif Strates, regroupant une architecte, un anthropologue, un géographe et un plasticien dans une démarche de recherche-création aujourd’hui exposée à l’Université Grenoble Alpes.

Comment rendre visible ce que l’on respire ? C’est à partir de pochoirs déposés sur un temps donné en plusieurs lieux de Grenoble et sur les contreforts des massifs environnants, que les porteurs du projet L’air de rien – Quand les pochoirs révèlent l’atmosphère ont donné corps à leur démarche.

« Dans la cuvette grenobloise, où l’atmosphère agit comme un collecteur des rejets anthropiques, quinze jours suffisent à la création d’une image », explique l’artiste plasticien Yves Monnier, membre du collectif aux côtés de l’architecte Laure Brayer, de l’anthropologue Marc Higgin et du géographe Olivier Labussière.

À l’issue du temps d’imprégnation, les pochoirs sont révélés in situ en présence d’habitants invités : scolaires, étudiants, salariés, membres d’associations, voisins… Les paroles recueillies sont autant de témoignages du rapport que chacun entretien avec l’air qu’il respire, de « récits atmosphériques ».

« Strates ne méconnaît pas l’enjeu sanitaire et le besoin de transformer nos modes de vie : il fait l’hypothèse que des médiations autres que des mesures, des seuils et des recommandations sont nécessaires pour prendre conscience et transformer nos relations à l’air », explique le collectif.

L’exposition Strates – Pochoirs atmosphériques a été inaugurée le 8 janvier dernier à la bibliothèque Joseph Fourier de l’Université Grenoble Alpes, où elle restera visible jusqu’au 26 février 2026. Un livret et un film, Les Météores, complètent l’exposition. Début 2025, le projet avait déjà fait l’objet d’une exposition au Musée de Grenoble dans le cadre de la Biennale Experimenta.

Ce projet a également donné lieu à plusieurs articles scientifiques, en particulier :